Séminaire-atelier de Dakar, du 11 au 16 novembre 2013

Séminaire - atelier « transformer les pratiques d'enseignement en sciences et technologie pour en faire des leviers de développement »

Dakar,  du 11 au 16 novembre 2013

À l'invitation du Comité National de Pilotage du projet de Développement de l'enseignement des sciences et de la technologie (CNPDEST), en collaboration avec L'Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal (ANTS)


1 - Préalables et contexte

Depuis une dizaine d'années, un accord a été passé entre le CNPDEST (créé en 2004) et l'ANTS, sous la caution d'un Comité scientifique international présidé par le professeur Jean Marie DE KETELE, avec l'appui financier de la Délégation WALLONIE-BRUXELLES à Dakar et l'appui de l'UNESCO.

Chaque année, plusieurs séminaires et rencontres ont eu lieu pour travailler et découvrir des propositions pédagogiques : "main à la pâte", pédagogie situationnelle, sciences de l'éducation du Canada...

En novembre 2011, à Dakar s'est tenu :

1 - Un Séminaire international de partage et d'appropriation d'une nouvelle vision de la formation pédagogique dans l'enseignement des sciences et de la technologie. Odette BASSIS (Présidente d'honneur du GFEN) y était invitée en tant qu'expert de la France. Étaient présents des responsables du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Bénin...

2 - Un Panel international d'experts à l'Université Cheik Anta Diop : "L'enseignement des Sciences et de la technologie pour le développement de l'Afrique".

Dans le prolongement de cette action, Odette BASSIS a produit un texte : "Transformer les pratiques d'enseignement en sciences et technologie pour en faire des leviers de développement" lire le texte

2 - Nature de la demande initiale



Nos interlocuteurs


Mr Ansoumana SANE
Docteur en sciences de l'éducation

Pr Adoulaye SAMB
Vice-président de l'ANTS

Coordonnateur du CNPDEST, porteur du projet de guide méthodologique de formation des formateurs dans l'enseignement des sciences et techniques

- Président de la section Sciences Fondamentales et Appliquées de l'ANTS
- Membre du CNPDEST


L'enseignement des sciences au Sénégal devant des choix cruciaux, Revue internationale d'éducation de Sèvres, Ansoumana SANE, 2009
Évaluation du programme "La main à la pâte" au Sénégal, Ansoumana SANE et Abdoulaye MBODJ, 2010

3 - Déroulement et dynamique de la formation

L'ouverture du séminaire
Le séminaire a débuté par une cérémonie d'ouverture en présence des autorités locales concernées, des représentants de la  délégation WALLONIE BRUXELLES à Dakar. La télévision et la presse locale ont couvert l'évènement. Tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de transformer les pratiques d'enseignement en sciences et technologie afin de permettre aux élèves de s'inscrire dans une démarche de recherche pour leur faire aimer les sciences et s'orienter ultérieurement dans des filières scientifiques ou techniques aujourd'hui désertées.  Le développement du Sénégal et du continent africain dépend de cette prise en compte des potentialités de chacun, et cela dès le plus jeune âge, dans un projet ambitieux de formation offrant à tous la possibilité de devenir scientifique ou technicien en même temps qu'être un citoyen averti. C'est à cette condition que ce développement aura lieu.

La dynamique de formation
En amont de la formation une intervention de Jacqueline BONNARD portant sur : la place singulière de la technologie par rapport aux sciences :
- Rappels historiques : la lente introduction d'un enseignement technologique dans le champ des enseignements scientifiques.
- Le sens des mots : objet technique, culture technique, technologie.
- De quels savoirs les objets sont-ils porteurs ?
- Le rôle des objets dans le développement de l'enfant.
- Similitudes et différences dans les démarches préconisées en sciences et en technologie. 

La formation a été conçue de la façon suivante : 


Chaque stagiaire se voit attribuer un carnet de bord pour noter : ses impressions, ses questions, les demandes de compléments ou bibliographie. Les notes sont prises durant la formation ou le soir et permettront d'alimenter le retour réflexif du jour 3.

Les deux premiers jours visent à mettre les formateurs en situation de recherche et construction de savoir pour repérer ce qui peut faire obstacle à la compréhension et l'acquisition de connaissances.



La démarche des allumettes
Ce que les modes de transmission induisent comme modes de "réception" auprès des apprenants.

Le matin du jour 3, après un retour réflexif en petits groupes alimenté par les notes prises au cours des deux premiers jours, les stagiaires analysent les situations vécues et listent une série de questions qui serviront de fil rouge à la réunion bilan du jour 4. Un apport théorique sur la démarche d'auto-socio-construction est fait par Odette BASSIS.

Une des demandes du cahier des charges de cette action était de construire avec les stagiaires une séance en classe intégrant les apports de cette formation. Deux propositions ont été faites :
- une en SVT pour des élèves de CM2, ayant pour thème "Les chaînes alimentaires",
- une en technologie pour des élèves de 4ème, ayant pour thème "La stabilité d'une structure".
Dans l'analyse qui a suivi, l'échange a porté sur la posture de l'enseignant au cours de la séance, les différentes étapes repérées, les améliorations à apporter, l'implication des élèves. Il a également été pointé l'importance d'une préparation collective, le choix de matériaux adaptés et les médias utiles pour mener à bien les séances en sciences et technologie.  

Quelques images de la séance en technologie :



4 - En guise de bilan


Cette formation s'est déroulée dans un climat très agréable et vivifiant. Les débats et confrontations ont permis de clarifier les concepts abordés et ce rapport particulier que nous entretenons tous avec les phénomènes scientifiques à partir de représentations du monde issues de notre culture d'origine. Et c'est justement ce que propose la recherche scientifique qui nous fait "faire un pas de côté" pour regarder autrement ce qui nous est si familier.

Après quelques interrogations et étonnements, nous avons assisté à de vraies ruptures, des basculements et une jubilation dans la recherche individuelle et collective. Ceci est vrai pour les stagiaires mais également pour nous les formateurs tant le niveau de réflexion nous a poussés chaque soir à affiner notre propos. Cette construction collective a permis de faire émerger de vraies questions : quelle place de la science ? quel type d'activité à mener pour que les élèves se questionnent réellement ?
Et que dire de la consigne et de sa fonction ? Chaque activité proposée a produit son lot de questions lors des analyses et des retours réflexifs avec cette volonté d'aller plus loin dans la construction d'une professionnalité enseignante visant l'élévation de la culture scientifique et technologique des élèves.

Nous remercions nos hôtes sénégalais pour leur accueil, la confiance qu'ils nous ont accordée sur cette action qui s'inscrit dans ce projet ambitieux : "transformer les pratiques les pratiques d'enseignement en sciences et en technologie pour en faire des leviers de développement". Nous savons que nous sommes amenés à nous revoir puisque nous sommes maintenant partie prenante du projet.

Un seul regret cependant : l'absence de la coopération française malgré des  courriers répétés et une invitation à nous rencontrer alors même qu'était organisée quasi simultanément  une fête de la science et de l'innovation à l'Institut Français de Dakar.
Jacqueline BONNARD et Odette BASSIS
 

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