Zoom colloque maternelle 2011


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3ièmes Rencontres nationales

Pour que la Maternelle fasse école

sommaire de "Pratiques de réussites pour que la maternelle fasse école"

Pour la troisième année consécutive, les rencontres nationales « Pour que la maternelle fasse école » ont rencontré un vif succès, en nombre de présents (plus de 150) mais aussi dans la qualité des travaux et des échanges.

Très attendus, ces rencontres deviennent un rituel de début d'année qui réunit des gens des quatre coins de France et d'ailleurs (Maroc, Belgique). Plusieurs des partenaires du GFEN étaient présents (Ageem, Fname, Snuipp, Agsas) ou excusés (Fnaren, FCPE).

Dans un contexte de graves menaces pesant sur l'école maternelle (postes variable d'ajustement, tentatives de jardins d'éveil, fin de la formation professionnelle, recul de l'âge de la scolarisation, contenus des programmes) et, alors que l'ensemble des travaux universitaires et pédagogiques montrent que l'école maternelle ne réussit pas à réduire les écarts entre élèves, le GFEN a choisi cette année de se donner pour objet de travail de « relever le défi de la culture pour tous dans les apprentissages ».

  • Parce que l'affirmation des ambitions pour tous dès l'école maternelle fait rupture avec les perspectives libérales du socle commun qui affirme des différences de talents et de rythmes entre élèves et prépare une partie de la population scolaire aux emplois émergeants et «requérant des qualifications fondées sur le savoir-être et la relation à autrui » comme l'indique le rapport Thélot (p.23). L'école maternelle est la première étape d'un trajet scolaire qui ne s'arrête pas à l'école élémentaire (parce que tous les élèves doivent être préparés à des études longues) mais aussi d'un trajet de vie qui exige autonomie, esprit critique, prise de pouvoirs sur le monde.
  • Parce que cette question interroge les finalités de l'école en particulier l'école maternelle, premier espace institutionnel de confrontation culturelle à de l'autre que soi dont l'une des missions est la transmission du patrimoine culturel. La scolarité en maternelle est donc début d'une aventure nouvelle et en cela elle est essentielle dans l'histoire de chacun
  • Parce que l'appropriation de ce patrimoine ne revêt pas les mêmes réalités selon l'origine socio-culturelle des élèves. Les différences de pratiques familiales ont des répercussions immédiatement perceptibles à l'entrée à l'école. Ce n'est pas pour autant que les élèves des classes populaires seraient porteurs de quelque déficience. L'accès aux savoirs, à la culture nécessite un apprentissage. Pour certains il est fait à la maison, pour les autres c'est l'école qui va le permettre
  • Parce que dans des perspectives véritablement démocratiques la question des savoirs se pose en termes de culture, la culture étant ce qui nous constitue en tant qu'humains, à la fois héritage et construction. Il ne s'agit ni de capitaliser des connaissances, ni de se satisfaire d'un SMIC culturel pour les enfants issus des classes populaires.
  • Enfin parce qu'on ne peut dissocier la question des savoirs de celle de leur modalité de transmission. Le savoir n'est pas un produit fini qu'il suffirait de transmettre/transvaser pour qu'il soit restitué en vue de contrôles pour mieux sélectionner. Entrer dans les savoirs, dans la culture, c'est au sens premier du terme vivre une aventure, qui fait sortir de l'entre soi, s'engager dans une complète réorganisation du déjà là, une remise en cause de savoirs antérieurs, bousculés par de nouveaux questionnements. L'objectif n'est pas un formatage de la pensée mais bien l'émergence d'une pensée autonome, critique et créatrice pour que nos élèves soient en capacité d'agir dans le monde.

Les interventions magistrales de Stéphane Bonnéry et Véronique Boiron, puis de Marie-Thérèse Zerbato-Poudou ont fait fortement résonnance avec les travaux menés dans les ateliers. Les uns et les autres ont posé les conditions de l'acculturation qui n'est ni naturelle, ni spontanée.

Des adhésions, une importante vente de livres montrent l'impact de ces rencontres et l'intérêt qu'elles suscitent.

Et puis cerise sur le gâteau et cela devient aussi une tradition, un nouveau livre est sorti le jour même : « Pratiques de réussite pour que la maternelle fasse école » qui réunit de nombreux travaux, essentiellement réalisés par des amis du GFEN, dans tous les champs et qui mettent en musique et en actes les valeurs que nous défendons ainsi que nos conceptions des savoirs et de leurs transmissions.

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