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JNE de L'institut Henri Wallon

Zoom sur les journées nationales d'étude de L'institut Henri Wallon

par Maria Alice Médioni

4èmes Journées nationales d'étude de l'Institut Henri Wallon

8 et 9 mai 2010   Ivry sur Seine (94)

Écrire ses pratiques : levier de transformation sociale 

L'écriture de pratiques, on connaît au GFEN. Depuis la revue Dialogue jusqu'aux nombreux ouvrages publiés ces dernières années par le mouvement et ses militants, en passant par les articles que d'autres revues partenaires nous demandent, tout concourt à donner à voir notre expérience et notre expertise en la matière. Pour ce quatrième rendez-vous, l'IHW s'est saisi de la demande exprimée au fil de nos interventions sur le thème de l'écriture de pratiques, en proposant de regarder la question autour de 4 moments forts.

Publier

A prendre dans les deux sens du terme : il y a ceux qui publient leurs écrits dans une revue ou chez un éditeur, et il y a ceux qui publient les écrits des premiers. Comment se rencontrent-ils ? Comment travaillent-ils ensemble ? Qui aide qui ? Quelles pratiques de part et d'autre ?
Ces questions ont donné lieu à deux rendez-vous : un chantier animé par Odette Bassis et André Soutrenon de la Chronique sociale autour de publications à venir : l'expérience de formation menée par Claude Bourachot et le projet des "Mots de l'Education nouvelle" de l'IHW ; une table ronde le samedi après-midi réunissant à nouveau André Soutrenon et le collectif Dialogue (Christine Jeansous et Josette Marty-Minière) : quelles pratiques d'édition et quel accompagnement à l'écriture ? Tâche de "modération" légère et agréable confiée à l'auteure de ce compte rendu.

Odette Bassis : "Il s'agissait de réfléchir le premier soir à partir de l'écrit d'un trajet de vie professionnelle et engagée qui a débouché sur de nombreuses questions : comment écrire et pour qui ? Comment prendre distance pour ne pas en rester à la description d'un vécu si riche soit-il ? Comment pointer les axes essentiels d'une expérience pour pouvoir la transmettre ?"

Normes et construction de soi

Trois ateliers pour explorer la question de la norme, trois détours pour mieux cerner le rapport à la norme dans l'écriture de pratiques : l'atelier d'écriture poétique, "La cavale des mots" ; l'atelier d'art plastique avec Picasso et le rapport à la norme : comment on se sert des normes, comment on les dépasse, transgresse, etc. ; l'atelier ponctuation et l'insoutenable légèreté du point-virgule.

Anita Ahunon : "En accordant à la poésie son utilité à rendre au langage une force que l'usage et les sur normes épuisent, nous avons pu construire ensemble d'autres possibles..."

Maria-Alice Médioni : "Sur une affiche produite lors de la démarche : "Comment chacun sujet unique, dans le va et vient avec les autres, se construit mieux lui-même. Entre contraintes et liberté, la pluralité des normes permet la mise en recherche, en activité, en création". En accordant à la poésie son utilité à rendre au langage une force que l'usage et les sur normes épuisent, nous avons pu construire ensemble d'autres possibles..."

Annie Monteillet et Gérard Lambert: "La ponctuation, une norme? A quoi sert-elle? Qu'est-ce qu'on en fait? Rapprochement avec le genre et le style dans l'activité (Yves Clot)"

Ecrire ses pratiques et les socialiser

Michel et Odette Neumayer : "Écrire ses pratiques ? Écrire à propos du travail ? Les mots ne sont pas les mêmes, les partis pris non plus. Une question, cependant, traverse ces deux champs : qu'est-ce que je fais réellement quand je travaille et comment puis-je le communiquer à d'autres ? On pourrait dire : qu'est qui est visible et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Dans cet atelier du samedi après-midi, la proposition était de réfléchir à l'intérêt de croiser deux registres : les concepts et l'expérience. Le passage par l'écriture et la schématisation (transcodage) nous a permis d'entrer dans le vif du sujet à partir du récit de moments vécus en situation professionnelle ou militante, où en disant "non" à quelque chose (une injonction, une prescription) nous avons affirmé nos valeurs et dit "oui" à autre chose." 

Une animation à plusieurs mains (M. Huber, M.A. Médioni, M. et O. Neumayer) pour l'ensemble des participants, dans trois lieux différents et en parallèle, pour enclencher des modélisations : formaliser l'expérience, lui donner une forme et des concepts dans l'idée d'une transmission / transformation.

Ecrire pour de bon

Une fusée à deux étages : le réel et le prospectif.

Le matin, il s'agissait d'écrire à la manière des élèves de Terminale en classe de philosophie pour problématiser, à partir de sujets de bac ("Le problème c'est les autres", Nicole Grataloup) ; à la manière du Secteur Langues : comment écrit-on une pratique qu'on vient de vivre et/ou d'animer... et un livre à 18 (Écriture collective, Valérie Péan et Muriel Renard); à la manière du sosie (Lettre au sosie pour appréhender les effets sur l'auteur de l'écriture et ses pratiques, Michel Huber). 

Michel Huber : "L'écriture de ses pratiques, pour soi-même ou pour les mutualiser, favorise le développement professionnel et donc personnel. L'écriture amène à externer ce qui est incorporé à l'action et à la personne. Cette conscientisation est un préalable nécessaire avant la recherche des concepts scientifiques qui organisent l'activité du sujet. La « lettre au sosie » est une modalité intéressante pour la mise en mots de ses pratiques."

Nicole Grataloup : "On ne peut problématiser que si on prend en compte la possibilité pour l'autre de ne pas comprendre ce que je dis, de l'envisager autrement, d'avoir sur la question que je traite un point de vue radicalement différent du mien ; parce que c'est seulement alors que je peux comprendre qu'il y a un problème à poser et à résoudre."

Valérie Péan et Muriel Renard : "Écrire ses pratiques c'est expliciter les évidences, rendre simple ce qui est complexe... mais à plusieurs ? Comment faire ? Comment donner sa cohérence à un ouvrage collectif ? Comment faire pour qu'il devienne un véritable projet collectif et non un catalogue de projets individuels ?... En s'appuyant sur les habitudes de travail en commun prises au secteur langues, en toute bienveillance. "


L'après-midi : mise en chantier pour enclencher des écrits sous la houlette du collectif Dialogue dans la perspective de la publication d'un numéro de la revue sur le thème « Écrire ses pratiques".  

Nous étions 50, avec le renfort d'amis belges de Lire-Écrire que nous rencontrons fréquemment à l'occasion des rendez-vous organisés par nos deux associations.  

Un rendez-vous à renouveler... dans deux ans ? En attendant l'IHW continue son travail sur plusieurs chantiers : EDD, formation professionnelle, publication... Il a besoin de trouver de nouvelles forces de travail pour tenir le pari qu'il s'est donné : être un centre de ressources d'importance pour la formation au sein du GFEN.

Secteur Langues du GFEN

Institut Henri Wallon

 
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