Parents, éducateurs, enseignants, citoyens
Appel à la vigilance citoyenne
Quand l'apprentissage de la lecture devient otage du politique
C'est
la première fois qu'un parti politique à l'UMP
à décide d'imposer une conception de la lecture qui
implique une méthode unique pour son apprentissage.
Lobbying, interventions à l'assemblée nationale, reportages
télévisés et radiodiffusés, convergent pour
laisser croire que seule la méthode syllabique saura répondre
aux difficultés de l'apprentissage de la lecture et résoudra
les problèmes de l'éducation de l'enfant et
du citoyen.
Un
point d'histoire
Rappelons le contexte dans lequel la méthode syllabique avait montré
ses limites. Lors d'un célèbre colloque, en juin 1979,
Monsieur Beullac à alors ministre de l'Education Nationale
et appartenant à la même famille politique que la majorité
actuelle à a souscrit à l'analyse des chercheurs qui
encourageait la mise en place de pratiques privilégiant une entrée
culturelle dans le monde de l'écrit (démultiplication
des bibliothèques centres documentaires, apport du livre dès
la maternelle, lecture d'images, lecture du monde ... on est
loin du B-A à BA !)
Les
besoins du marché
A trois décennies d'écart, c'est la même
logique qui préside aux choix pédagogiques, la soumission
aux lois du marché.
En effet, à l'époque de Monsieur Beullac, dans le
contexte d'une industrie qui se complexifiait, l'économie
avait besoin de lecteurs polyvalents.
Et aujourd'hui ? Le marché avec ses systèmes de productivité
qui engendrent la démultiplication des emplois de service, la précarité
grandissante et le chômage de masse, a besoin de salariés
de moins en moins qualifiés et de citoyens de plus en plus dociles.
Dans cette logique, prétendre que le souci de la réussite
de tous est le fondement de cette dernière orientation pédagogique
est une manipulation politique, un piège démagogique, un
mensonge populiste.
Rien n'explique la brutalité des injonctions, des menaces,
des intimidations, des appels à la délation, si ce n'est
la détermination d'imposer un projet politique, l'installation
d'une société qui n'a de lois que celles du
marché.
Une fois de plus, c'est l'intelligence de tous les enfants et davantage encore pour les plus démunis d'entre eux, qui sera la victime de ces choix politiques imposés au nom du bon sens.
Les participants à la réunion régionale du GFEN Ile de France du 17/10/06
Ce texte peut être diffusé, distribué, débattu dans les réunions dans et hors l'école.