NON à l'évaluation et au tri permanents
«TOUS les enfants sont CAPABLES d'apprendre et de réussir ENSEMBLE »
GFEN Ile de France
Les
nouveaux programmes de l'école primaire listent, tels des
articles de catalogue, les contenus à enseigner aux cycles II et
III. Mais ces contenus accumulés comme dogmes, n'ont pour
but que d'être régurgités en situation d'évaluation,
au moment de franchir le tourniquet d'entrée dans la classe
supérieure.
Nous savons, parce que nous les avons mises en œuvre dans nos classes
depuis longtemps, qu'il existe des situations à faire vivre
au quotidien, où les savoirs prennent véritablement sens
et deviennent réinvestissables en situation nouvelle, des manières
de faire école qui permettent à tous les enfants de construire
leur intelligence. Ça, nous savons le faire et nous continuerons
à le faire.
Par
contre, nous nous élevons tout particulièrement contre la
mise en scène dont la sortie de ces programmes a fait l'objet.
- Nous dénonçons une présentation frappée
au coin du bon sens à en effet, quoi de mieux que d'apprendre
comme autrefois, en écoutant et en répétant à
qui risque de leurrer bien des familles par cet habillage simpliste des
savoirs et des apprentissages à l'école primaire.
- Nous mettons en garde contre la pseudo-bienveillance à l'égard
des plus fragiles, qui dissimule les étapes d'évaluation
et d'orientation permanentes, qui adviennent dès la maternelle
et grâce auxquelles une sélection s'opère à
tous les niveaux.
Les enfants se trouveront ainsi triés, empêchés d'apprendre
avec le groupe alors qu'on sait que les pays qui maintiennent tous
les enfants dans un tronc commun le plus longtemps possible obtiennent
des meilleurs résultats.
- Nous alertons quant au risque d'une lecture de ces nouveaux programmes
qui semblent répondre à l'attente de parents qui,
soulagés et reconnaissants dans un premier temps que l'institution
prenne en charge les difficultés de leurs enfants ne mesureront
pas qu'ils seront pourtant les premières victimes d'un système
dont la visée essentielle est la mise en œuvre, dès
l'école, des orientations d'une politique européenne libérale
qui a défini dans le domaine éducatif un besoin de travailleurs
de faible niveau de qualification, voués à l'exécution
de tâches répétitives, dans le champ des services.
Donc, prenons garde de ne pas nous limiter à une bataille de spécialistes
qui laisserait indifférentes les diverses composantes de la société
civile, comme ce fut un peu le cas lors de la bataille autour de la lecture
que ni les parents dans leur grande majorité, ni les syndicats
ouvriers n'ont pu relayer.
C'est sur ces axes essentiellement que nous pourrons être compris du plus grand nombre, et que la lutte reprendra une vraie dimension politique, indispensable à une transformation profonde de l'école dont notre pays a besoin.
Pour
ce qui est de la pratique pédagogique, puisqu'on accorde
encore le choix de la «mise en œuvre adaptée aux élèves
» et tant que les nouveaux programmes « laissent ... le
libre choix des méthodes et des démarches » il nous
est encore possible d'élaborer, d'inventer des pratiques
pour la réussite des élèves comme de leurs enseignants.
Alors, participons à éclairer le débat et ...
"Ne nous décourageons pas", comme nous y invite si justement
notre ami Gérard De Vecchi.