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Les compétences

Collectif GFEN Midi Pyrénées

Notre inquiétude vis-à-vis de l'application des programmes 2008 dans le premier degré et le lien avec le Socle Commun de connaissances et de compétences, l'introduction des livrets de compétences au primaire à la rentrée 2008, dans les collèges à la rentrée 2009, les débats en cours sur cette notion de compétences,  la découverte lors du stage de rentrée des travaux des recherches de Bernard Rey et Vincent Carette de l'Université libre de Bruxelles en Belgique, nous ont amenés à consacrer une journée sur la question des compétences. 

Nous voulions à la fois  interroger nos pratiques, démarches, ateliers au regard du référentiel des compétences, et y voir un petit peu plus clair dans les débats en cours. 



Samedi 14 novembre 09

Pratiques d'éducation nouvelle et compétences du socle commun

- Travailler avec le manuel : sa lecture n'est peut-être pas si évidente que cela en a l'air... Quelles sont les compétences en jeu ? Quels savoirs à faire construire ?

- « La mesure du temps » Vivre et analyser une pratique de construction de savoirs. Quelles sont les compétences en construction ? Comment articuler compétences du socle commun et pratique d'éducation nouvelle ?

- C'est quoi ces compétences ? Mystifications ou perspectives ? Y aurait-il des compétences de base qui ne seraient pas des savoirs à construire ? Quels enjeux d'un apprentissage par compétences et d'une évaluation des compétences ?

- « Lecture avec questions préalables » ;
«  Le texte argumenté » (présentation d'un travail mené en lycée) Faut-il parcelliser les tâches pour que l'élève apprenne ? Quel type de questions, de consignes pour « faciliter » la compréhension d'un document, d'un texte, ou la réalisation d'une tâche ?

Les compétences : mystification ou perspectives ?

A partir de la lecture d'extraits de textes contradictoires, chaque groupe élaborait une affiche synthétisant son approche.

Voici quelques unes de nos réflexions dans les suites de cette journée :

L'arrivée de cette terminologie nouvelle à l'école n'est pas neutre d'intention.

Les compétences se construisent,  sont toujours en devenir, se développent au fil des situations, elles ne peuvent se transmettre de façon mécanique. Parce que les compétences sont la mobilisation des ressources, des savoirs de la personne dans l'accomplissement d'une tâche nouvelle, cette notion pose de façon accrue le problème du réinvestissement et du sens de ce qui est appris, lutte contre la fragmentation des savoirs, oblige le lien entre les disciplines (ce qui en collège pourrait amener des transformations dans le travail). Travailler à  développer une compétence c'est développer chez les élèves la capacité de juger par eux-mêmes, interpréter une situation, l'analyser, leur donner l'autonomie intellectuelle. C'est permettre en s'appuyant sur une dynamique de groupe, les échanges entre élèves,  les interactions verbales sur des points qui font problème, les dépassements de points de vue partiels.

Un travail collectif sur les compétences pourrait être l'occasion de mieux cerner ce qui fait savoir, de mieux déplier les liens entre objet d'apprentissage et activité à réaliser et donc d'éclairer les situations propices au développement des « capacités » spécialisées et transversales.

En ce sens, la pédagogie du projet, les défis, les situations complexes, les situations problèmes et l'exigence de l'élaboration progressive des règles par l'élève, sont autant de situations pédagogiques à même de développer les compétences des élèves.

Mais parce que la compétence est la capacité à mobiliser des ressources propres à chacun,  comment l'évaluer ? Et c'est là que commencent les contradictions : c'est le résultat d'une tâche susceptible de requérir un certain nombre de compétences qui est évalué.

Incohérences entre le concept de compétence et la philosophie qui se dégage des programmes où  les formulations semblent  plutôt désigner l'acquisition de connaissances et la construction de quelques capacités. Embrouillamini dans les énoncés où se mélangent procédures de base et compétences mobilisables, compétences de 1er, 2ème et 3ème degré... Quant aux  évaluations nationales, elles cherchent à évaluer les 3 niveaux de compétences sans le dire explicitement.  L'introduction d'un livret de compétences du cycle 2 (palier 1 du socle) à la 3ème (palier 3 du socle) est une idée pourtant séduisante qui permet d'envisager le développement des compétences sur la durée, mais elle est aussitôt contredite par les documents et outils proposés,  par ses cases à cocher en réponses binaires face à un listing d'énoncé de tâches.

Dans un contexte politique et économique où l'efficacité immédiate et la concurrence sont de mise, où la demande de rendre des comptes est de plus en plus pressante, les énoncés et la forme des évaluations des livrets peuvent vite inciter à viser le résultat immédiat au détriment du processus ; à privilégier des exercices d'entrainement, de reproduction afin de faire réussir les élèves dans l'immédiateté à un certain nombre de tâches énoncées, en oubliant de se poser la question des savoirs qui les sous-tendent, au détriment des lents cheminements d'une pensée en construction, bref au détriment de la construction et développement des compétences de 3ème degré qui elles se construiront « en contrebande » quoiqu'il advienne.... pour quelques élèves !


Une certaine vigilance nous incombe doublée d'une exigence volontaire où les valeurs et les pratiques de l'éducation Nouvelle ont toute leur place et sont force de proposition riche d'années d'expérience.

Les programmes autorisent la liberté pédagogique de chaque enseignant ... chiche ! Prenons-là !

 
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