Extraits du Dialogue n° 146

n° 146 - Familles Ecole Quartier, pour une dynamique éducative

Actes des 5èmes rencontres nationales sur l'accompagnement, St Denis, 17 mars 2012

Retour au sommaire n° 146

Les familles populaires face à l'école : division du travail et inégalités
Pierre PERIER, professeur en sciences de  l'éducation, Université Rennes 2 (p. 5)

Depuis les années 1980, la montée des difficultés d'accès à l'emploi et les exigences nouvelles de qualification ont accentué le rapport d'interdépendance entre les familles et l'école. Celle-ci en appelle davantage à l'investissement et à la participation des parents selon un modèle de relation, le partenariat, inventé et institué par elle. La supposée « nécessité » de l'implication des familles vise principalement le suivi scolaire et le soutien des parents. Ces derniers attendent de leur côté que l'école assure la réussite de tous du moins l'évitement de l'échec. L'accord sur les finalités a des implications quant à la répartition des rôles et responsabilités des uns et des autres. Elle repose sur une nouvelle division du travail éducatif et scolaire dont les présupposés et impensés sont la source de malentendus et de différends, parfois difficilement surmontables, dans les quartiers populaires et de l'immigration en particulier.

 Retour au sommaire

Logiques parentales : ce qui peut « faire la différence »...
Jacques BERNARDIN, Circeft-ESCOL, université Paris 8 et GFEN (p. 11)

Une analyse et synthèse des différents styles éducatifs dans l'exercice de la fonction parentale et des différentes pratiques culturelles familiales en fonction des milieux sociaux. Quels sont leurs effets sur le rapport à l'institution scolaire et sur les formes d'appui à la scolarité ?

 Retour au sommaire


Travail sur un petit quartier
Jean-Yves SERRE, éducateur au service de prévention spécialisé   (p. 25)

« A travers cette activité artistique et culturelle, nous avons redonné de façon fort modeste une place à des habitants, des enfants et des jeunes adultes, dans une cité qui les avait un peu oubliés et les laissait plus ou moins se débrouiller seuls ».

La transmission de l'histoire familiale au cœur d'un projet de création avec les populations d'un quartier.

  Retour au sommaire


Animer une réunion de parents dans un établissement scolaire, un quartier...
Jean BERNARDIN  (p. 27)

« Quels contenus pour une intervention publique « Comment aider notre enfant dans sa scolarité ? » à la demande d'une association de parents d'élèves d'une école d'un quartier déshérité, d'une école d'application de centre ville, d'un collège, d'une association locale « Femmes d'ici et d'ailleurs » ou encore du « Point Info Famille » nouvellement installé dans un quartier populaire de banlieue d'une ville moyenne ?

Faut-il faire des réunions différentes pour prendre en compte la spécificité sociale supposée des demandeurs (quartier populaire/centre ville), le niveau de scolarisation des enfants (élémentaire/collège) ?

Adopter la posture d'animateur-enseignant ne risque-t-il pas d'avoir à nous obliger à prendre position dans des malentendus et/ou conflits locaux entre des parents et des enseignants ?

On voit bien la tentation de répondre à la demande des parents inquiets, se sentant souvent démunis dans les aides à leurs enfants, de les conseiller en leur apportant ce qu'il « faudrait faire » - et donc qu'ils ne font pas. Mais cette approche prescriptive renvoie à une vision défectologique des parents et de leurs compétences. Elle cherche à combler un manque plutôt qu'à prendre appui sur une richesse réelle : celle des expériences de réussites multiples des parents dans le champ des apprentissages « non scolaires ». L'objectif de ce type de réunion, quel que soit le public, est donc de réhabiliter les parents dans leurs potentialités éducatives en prenant appui sur leur vécu. »

 Retour au sommaire


Travailler l'imaginaire en famille ? Quand les ateliers d'écriture du GFEN rencontrent la CSF !
Stéphanie FOUQUET, Patricia HALUSKA (p. 29)

 Un projet mené en partenariat entre le GFEN et la Confédération Syndicale des Familles.

« Pourquoi écrire ensemble ? En famille ? Alors que l'écrit pour les jeunes (et leurs parents) n'est souvent relié qu'à une pratique scolaire, bien souvent mal vécue.

La démarche animée lors des rencontres sur l'accompagnement se proposait de tirer ensemble des pistes et propositions permettant d'inclure les parents dans les activités proposées par la CSF. Par ce biais nous avons pu interroger les pratiques de création et chercher ce qu'elles pouvaient apporter dans ce contexte associatif particulier. »

 Retour au sommaire


La maison des parents de Saint-Denis
Oriane DELIVRE    (p. 32)

« La Ville de Saint-Denis a fait le choix de créer une mission parentalité au sein de ses services en juin 2009 en prévision de l'ouverture d'une maison des parents, suite à un travail initié par de nombreux acteurs sur la ville au sein d'un groupe de travail Parentalité.

La municipalité souhaitait valoriser les expériences et les savoir-faire des parents, tout en articulant ce service avec l'ensemble des acteurs présents sur le territoire qui travaillent avec les parents et/ou les enfants. Ainsi une étude sur la parentalité réalisée par la sociologue Irène Jonas à Saint-Denis en 2007 a montré à quel point les parents se sentent concernés par leur rôle de parents, mais souvent aussi disqualifiés par les discours politico-médiatiques ou professionnels. S'ils accordent une grande confiance dans les institutions, ils attendent également que ces dernières jouent véritablement leurs rôles dans leurs domaines de compétence.

La thématique de la parentalité étant transversale, elle concerne à la fois les élus et les professionnels de nombreux domaines (social, santé, enfance, enseignement, jeunesse...) et par ailleurs la majorité des habitants de la ville. Ainsi, il a été décidé que le projet de maison des parents se construirait sur le mode de la concertation avec l'ensemble de ces acteurs. »

Retour au sommaire


Valoriser l'expérience éducative des parents
Bruno MASUREL, ATD Quart Monde    (p. 34)

Pourquoi ATD Quart Monde pense que l'expérience éducative des parents est indispensable pour que l'école réduise les inégalités, travaille à la réussite de tous les enfants, sans exception.

Comment le projet de Maurepas a travaillé pour valoriser réellement l'expérience éducative de parents, en particulier des parents les plus distants de l'école.

 Retour au sommaire


Entre classe et hors classe
Patrick RAYOU  (p. 37)

Nos travaux sur les dispositifs d'aide aux devoirs nous conduisent à différencier deux modalités très différentes d'accompagnement du travail des élèves entre le milieu principal de l'étude, la classe (Johsua & Félix, 2002) et le milieu secondaire (la maison, plus généralement des lieux extérieurs à la classe ou à l'école). Nos diverses enquêtes en écoles, collèges (Rayou, 2009, Bonnéry & Kakpo, 2012), voire en internats d'excellence nous montrent que le schéma dominant est celui de l'établissement d'une discontinuité entre ces milieux, soit parce que les accompagnateurs ne sont pas des professionnels de l'éducation, soit parce que, même s'ils le sont, ils sont très peu au fait des objectifs assignés aux devoirs par leurs prescripteurs, de leur pédagogie, parfois même des connaissances exigées par les exercices concernés. Cette discontinuité se matérialise dans des dispositifs dont la typologie ci-dessous tente de décrire les logiques et les rôles dominants des différents acteurs, élèves et adultes, à partir de trois modes d'organisation récurrents.

Retour au sommaire

 

Devoirs ou travail personnel ?
Jacques BERNARDIN    (p. 39)

Repères historiques sur l'externalisation du travail scolaire ;  état des lieux sur le temps qui y est consacré, sur la nature des aides et sur le suivi inégal selon les familles.

Quel est le contenu des devoirs ?  Quels sont les problèmes récurrents ? Quelles sont les pratiques de l'accompagnement et leurs effets ? 

Quel sens pourrait avoir le travail du soir et en quoi serait-il indispensable ?

 Retour au sommaire

 

Les devoirs : un lien ou un frein dans les relations école-familles ?
Philippe LAHIANI  (p. 43)                                                                                                                                                 

« Si le travail du soir semble toujours avoir existé, depuis l'arrêté du 23 novembre 1956, suite à une étude de Robert Gloton (ancien président du GFEN) montrant l'inefficacité et l'injustice des devoirs à la maison, il est interdit aux enseignants de primaire de donner des devoirs écrits à domicile.

Et pourtant, malgré les textes rappelant cette interdiction (1961, 1971)... 80 à 90% des enseignants l'ignorent ou l'outrepassent. Pour le secondaire, les textes officiels soulignent la légitimité, la nécessité et l'importance pédagogique du travail à la maison.

Le travail des élèves après l'école est-il indispensable ? Par qui doit-il être accompagné ? Si le débat passionne, il ne peut occulter l'interrogation sur les fonctions de ce travail personnel  qui ne fait qu'augmenter tout au long de la scolarité et dont le manque est la première explication donnée pour justifier des difficultés scolaires. »

 Retour au sommaire


Permettre aux parents d'être lecteurs des apprentissages de leurs enfants
Réunion de rentrée avec  les parents
Hélène Cohen SOLAL à Atelier mené par Sylviane MAILLET et Hélène COHEN SOLAL  (p. 46)

« Nous sommes deux collègues d'écoles différentes, l'une d'une classe d'élémentaire (CP ou CE1 selon) à Puteaux l'autre de petite section de maternelle en ZEP à Paris qui à peu près au même moment de notre carrière avons eu besoin de concevoir la réunion de rentrée avec les parents.

Jusqu'à présent l'une comme l'autre procédions très classiquement par une présentation et un jeu de questions réponses. Le fait de présenter verbalement des enjeux d'éducation nouvelle qui se démarquent par leur contenu et leur mise en œuvre nous mettait toujours en butte aux représentations que les interlocuteurs véhiculent sur l'école. Ce sont des représentations de l'autorité, de l'évaluation, de la norme scolaire, des méthodes traditionnelles, à l'aune du modèle dominant : un maître tout puissant, des programmes axés sur l'apprentissage magistral, des devoirs à la maison, des évaluations sommatives... »

Retour au sommaire

 

Réunion de parents : rendre compréhensibles les attendus de l'école
Sylvie TORRE, enseignante en CE2  ( p. 49)

« Je faisais des réunions avec les parents pour me présenter, annoncer le programme, l'emploi du temps de la classe, parler de mes projets, donner la couleur des cahiers... Je donnais des informations. Je voulais prouver que je faisais consciencieusement mon travail et qu'ils pouvaient me faire confiance. J'appréhendais plutôt ces réunions où je n'étais pas toujours très à l'aise, surtout au début de ma carrière. Dans l'ensemble, elles se passaient bien. Mes relations étaient plutôt bonnes. Je trouvais toujours des parents pour accompagner les sorties. Pourtant j'avais du mal à expliquer mes méthodes à certains parents inquiets de ne pas toujours s'y retrouver. Leur enfant avait du plaisir à venir à l'école et, pour certains parents, c'était suspect. En plus, je ne donnais pas beaucoup de devoirs...

C'est en assistant à une réunion en tant que parent d'élève que j'ai pris conscience de l'intérêt que pouvait avoir de telles réunions. »

 Retour au sommaire


Les Actions Educatives Familiales : une démarche au service de la promotion des parents
Eric NEDELEC Association Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme   (p. 52)

« Il s'agira pour cet atelier d'évoquer avec vous beaucoup plus que des actions, qu'il pourrait être possible d'isoler dans le temps et dans l'espace, mais bien d'aborder une véritable démarche pour que des adultes parents puissent se sentir considérées, capables d'accompagner la Scolarité de leurs enfants et une fois cette légitimité reconquise, parfois de haute lutte de renouer eux-mêmes avec les savoirs de base, et notamment avec la lecture et l'écriture.

Cette démarche est une démarche qui peut, qui doit même, être une réponse aux éternelles questions qui reviennent régulièrement et ce depuis longtemps dans le débat autour des inégalités scolaires, ce sont ces questions qui interrogent la relation école famille en particulier mais aussi de plus en plus la relation famille autres espaces de vie qui concernent les enfants.

Il faut tout d'abord présenter le contexte à la place d'où je parle puisque je représente ici l'Agence Nationale de Lutte contre l'Illettrisme. Cette présentation vous montrera que cette démarche si elle est efficace pour certains, pour celles et ceux qui sont en difficulté avec la lecture et l'écriture peut l'être aussi pour les autres, pour celles et ceux dont on dit qu'ils sont éloignés, démissionnaires... »

 Retour au sommaire

 

De la PMI à la cité : l'expérience de « Livre Passerelle »
L'équipe de Livre Passerelle    (p. 54)

« Livre Passerelle, association fondée à Tours en 1998, s'est donné pour objectif de créer des moments de rencontre entre les familles et la langue du récit sur des temps de vie intermédiaires (lieux de passage, d'attente : PMI, centre social, CADA, rue, école, etc.). Ainsi, elle utilise la littérature de jeunesse pour prolonger, en dehors de la classe, ces temps structurants et constructifs de la personne. Depuis quatorze ans, les animatrices de Livre Passerelle s'installent dans des lieux où elles s'assurent de provoquer des rencontres inattendues, celles qui font tomber l'anonymat et redonnent du souffle autour d'un espace commun de lecture. »

 Retour au sommaire

 

Pourquoi des parents dans l'école ? Les parents à part entière dans l'équipe éducative c'est possible
Relation de la naissance d'une équipe de parents-enseignants dans une école élémentaire
Jeanne DION    (p. 61)

L'auteure relate ici les grandes lignes de la stratégie mise en place à l'école du Plateau, devenue Ecole Henri Bassis, à Champigny, pour transformer les relations école familles. Travail mis en place sur plusieurs années, elle met en exergue les moments et initiatives essentiels qui ont marqué la période 1982 à 1994, période pendant laquelle elle était chargée de direction de l'école élémentaire.

Retour au sommaire

Dans la même rubrique