Hommage à Odette Neumayer


Après s'être battue contre la maladie, Odette est décédée le 3 septembre 2013.

"Elle se savait atteinte et elle s'étonnait que tant de personnes lui témoignent leur affection, elle se voyait comme une parmi bien d'autres oeuvrant pour un monde plus juste, pour une école plus humaine. Rien de plus.

Elle avait la conviction qu'il faut soutenir ceux qui pensent que les échanges, la création, le partage sont porteurs d'avenir. C'est pourquoi, si vous le souhaitez, vous pouvez faire un don à une des associations dont elle soutenait la cause : ATD-Quart Monde, Secours populaire ou toute autre association de terrain qui oeuvre pour la dignité, la paix et les droits humains."      

Michel NEUMAYER


Née en Savoie en 1940, mère de trois filles, d'abord professeur de lettres en lycée professionnel, Odette Neumayer rencontre le GFEN en 1972. A partir de 1977, elle assume avec d'autres la responsabilité du GFEN Provence. En 1981, recrutée par la Mission académique à la formation des personnels de l'Education nationale (MAFPEN) d'Aix-Marseille, elle anime de nombreux stages dans la formation des enseignants du secondaire. En 1991, elle reprend des études et obtient un Master en ergologie (Analyse pluridisciplinaire des situations de travail). Puis elle quitte l'Education nationale pour travailler comme formatrice indépendante, tout en poursuivant son engagement au sein du GFEN Provence.

(extrait de Relever les défis de l'Éducation nouvelle - 45 parcours d'avenir,
coordination Odette et Michel Neumayer, Etiennette Vellas, Chronique sociale, 2009)

A relire l'interview qu'Odette avait donnée pour cet ouvrage où elle évoque son engagement dans l'Éducation nouvelle.


Odette Neumayer était co-directrice, avec Michel son mari, de la revue d'écritures Filigranes (www.ecriture-partagee.com) et auteure de :



  • Pratiquer le dialogue arts plastiques - écriture. 15 ateliers de création pour l'Éducation Nouvelle, Odette et Michel Neumayer, en coopération avec Antoinette Battistelli, Marc Lasserre et Christiane Rambaud, Chronique Sociale, 2005.

  • Animer un atelier d'écriture. Faire de l'écriture un bien partagé, Odette et Michel Neumayer, Ed.ESF, 2003.


Images de et pour Odette
Samedi 7 septembre, une partie du collectif régional s'est déroulée à Visa. Notre visite des expositions était guidée par une démarche d'Odette et Michel Neumayer. [...] Lire le texte de Jean-Louis Cordonnier



Quelques témoignages de la tristesse ressentie


Nos rencontres avaient le goût des rêves d'émancipation où Odette savait tracer des chemins de lutte pour que nos mains, nos yeux et nos mots puissent construire un monde de fraternité et de paix.
Ses idées généreuses vagabondaient ailes déployées vers des terres à écouter et mettre en partage le murmure d'hommes et de femmes dont on bâillonna souvent la liberté et la dignité.
Il nous faut habiter son absence en ouvrant l'espace de projets possibles, en prenant notre place au coeur des transformations sociales et politiques. Elle ne cessa de s'y employer.
Apprendre à se glisser entre les pages de ce qu'elle nous légua, ouvrir des fenêtres sur d'indicibles blessures, reprendre pied pour réinventer des matins où éclatent nos paroles d'indignation. Celles d'Odette nous manqueront ; mais, déjà elles habitent nos mémoires. Il n'y a pas de frontières.
Nous n'aurons pas peur de les afficher haut et fort comme elle sut si bien le faire.
 
Colette CHARLET

Merci Odette d'avoir tenu fort, depuis tant d'années, et cela avec Michel, cet enjeu d'une Culture de Paix. Une culture de paix qui soit le contraire d'une leçon sur la paix. Une vraie démarche depuis l'enfance, à l'école et dans le social,  jusqu'à ce présent que nous vivons fort comme enjeu mondial. Et cela, dans le sillage historique de ce que fut la genèse de l'Education Nouvelle. Autrement aujourd'hui, bien sûr, mais toujours avec la passion d'un avenir à construire.

Au coeur de tes fougues et tes justes impatiences, au coeur du travail sur l'écriture, tu n'as cessé de tenir haut cette bataille.

Mais, une bataille, la paix ?
Oui, si se battre est surmonter des conflits, des dérapages, aller de l'avant.
Si se battre, mille fois oui,  c'est comme l'on bat le blé pour en faire du pain.
Merci aussi Odette pour ton  écoute humaine profonde  qui m'a très personnellement touchée.

Alors maintenant, je te dis du fond du coeur :
Odette, va en paix.

Odette BASSIS


Par ce départ,  nous pouvons dire que : c'est une grande étoile de l'éducation nouvelle qui a cessée de projeter directement ses rayons  sur le monde.

Odette nous a devancés, elle a fait son voyage vers l'éternité. Nous n'allons plus la retrouver dans nos différentes rencontres internationales ou locales,ses enfants et petits enfant ne vont plus recevoir des  visites de vacances pour de petites ballades. Mais Odette  sera toujours vivante  dans nos réflexions à travers ses idées géniales et novatrices laissées dans ses ouvrages ou dans les revues de l'éducation nouvelle.

Chère Odette,

Tu es trop utile pour avoir connu la mort si méchante et cruelle malheureusement. Modèle d'intellectuelle raffinée, modèle d'humain, modèle de combattant pour un autre mode de pensée, une autre éducation plus juste, plus équilibrée, plus constructive, plus utile...Franchement, cet évènement si triste nous déchire le coeur profondément.

Seulement, nous voudrions profiter de cette occasion pour vous dire solennellement : qu'on ne peut t'empêcher de partir car c'est une loi vitale, on ne peut non plus empêcher à tes idéaux,idées, tes pensées en éducation de faire leur chemin à travers le monde y compris Haïti. Que tu inspires encore à Michel et à nous dans ce grand mouvement éducatif : la force, la joie, le bonheur de continuer cette aventure si bonne et si bien commencée. Odette, c'est toute Haïti qui pleure ton départ et qui partage à toute ta famille particulièrement Michel ce moment si triste et écoeurant.

Au revoir Odette, que la terre te soit légère !

L'Ecole Normale de Liancourt et son école d'application Dabalor,
le Groupe Haïtien de l'Education Nouvelle


Quand on se fait des amis, c'est bien connu puisque le renard l'a bien dit au petit prince, on risque de pleurer.
Mais en fin de compte on est gagnant, puisque beaucoup de ce qui nous entoure a changé de sens !
Et c'est d'autant plus vrai quand il s'agit d'Odette et de Michel.
Odette est partie sans vraiment partir, c'est comme si elle était dans la pièce à côté !
Nous sommes sûrs que tous ceux qui l'ont connue sentiront toujours sa présence avec eux, et pourtant nous ne l'avons que peu connue, alors que dire des autres !
Et puis, il y a Michel, si affable, si généreux, si prêt à aider tout un chacun, bref, si lui-même ! À eux deux, ils formaient pour nous un seul être, alors tant pis pour lui, il lui faudra dorénavant accepter l'amour que nous portons aux deux !

Nejib, Mounira et Heger,
Groupe Tunisien d'Education Nouvelle