La Lettre de l'AFEF n°110, septembre 2021

Bonjour à toutes et tous,
Encore une rentrée sous protocole sanitaire, encore une rentrée sous le signe de l'épuisement ! Partout, de la Maternelle à l'Université, c'est la surcharge, la saturation, la fatigue qui s'installe dès le début de l'année scolaire. Certes, la pandémie n'a pas arrangé les choses, mais elle n'est pas responsable de tout ; le manque de considération s'ajoute douloureusement à cette impression de ne plus savoir où donner de la tête. Et la campagne électorale qui ne va pas manquer de faire brandir à nouveau les fondamentaux — si tant est qu'ils aient disparu — chez les anti-pédagogistes de tout crin.

Difficile de faire son métier sérieusement quand tous vos efforts pour suivre pas à pas vos élèves, éveiller leurs envies, leurs aptitudes sont régulièrement sapés par des injonctions contradictoires, des procédures imposées qui provoquent l'inverse de la finalité annoncée. 

Alors, le risque est grand de se replier sur soi, de penser d'abord à l'immédiat qu'il faut bien assurer, et d'en oublier que nous sommes ensemble, que seuls nous ne sommes pas grand-chose... et surtout que nous renforçons ainsi l'individualisme qui gangrène ce commun, ce collectif que l'École est censée construire.

Le risque est grand aussi de se cantonner dans le faire, dans les tâches quotidiennes, jusqu'à nous faire oublier que la raison d'être du professeur de français, c'est aussi, et peut-être surtout, de développer la culture et l'humanisme, d'accompagner nos élèves sur le chemin de la construction de leur pensée. C'est en ne cédant pas sur les pratiques culturelles et artistiques, en confrontant les élèves à leur propre capacité à prendre la parole, s'exprimer par écrit, comprendre le monde qui les entoure par la littérature, contemporaine et classique, que nous leur ouvrons des perspectives humaines et sociales. C'est la dignité de notre métier de professeur?e?s de français.

Viviane Youx


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