Quels savoirs pour quels citoyens ?
Contribution
du GFEN au texte "Consultation sur le
projet de programme. l'Argumentaire unitaire"
signé par 19 organisations.
Le projet de programme repose sur une conception étroite et réductrice
des savoirs. La centration sur le français, les maths et l'EPS
en élémentaire, le vocabulaire et l'étude des
sons en maternelle, réduit les apprentissages à des visées
étroitement utilitaires sans permettre l'ouverture culturelle
sur d'autres horizons, nécessaires au développement
de chacun. L 'appauvrissement des programmes s 'accompagne
d'apprentissages inadaptés à l'âge des
élèves, d'autant plus prématurés qu'ils
ne font pas l'objet d'une élaboration. Ces logiques
à l'œuvre ne peuvent que renforcer l'échec
scolaire des élèves issus des milieux populaires. L'activité
intellectuelle des élèves n'est pas convoquée.
Comment pourront-ils apprendre ce qu'ils ne comprennent pas ? Où
les exigences annoncées d'invention, d'imagination,
d'esprit d'initiative quand le poids est mis à ce point
sur la mémorisation réduite à une mécanique
qui ne peut qu'entraîner à ânonner ou bachoter
? Il ne peut y avoir d'apprentissages sans élaboration des
connaissances, sans participation active des élèves : on
ne peut s'entraîner que sur ce qui est appris et on ne peut
avoir envie d'apprendre que lorsque la curiosité est mise
en éveil. Ce qui suppose de restituer aux savoirs leurs raisons
d'être, leurs significations. Mais c'est une docilisation
des comportements, une soumission des esprits qui est promue. En tournant
le dos à sa mission, l'école qui nous est proposée
est une école qui renonce à l'ambition pour tous de
l'accès à une culture commune.