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Un nouveau socle commun

Jacques Bernardin (GFEN)

Suite à la loi d'orientation du 8 juillet 2013, le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) propose une redéfinition du socle commun, « principe organisateur de l'enseignement obligatoire dont l'acquisition doit être garantie à tous », désormais nommé « socle commun de connaissances, de compétences et de culture ». En quoi se distingue-t-il du précédent ?

En lien avec la loi Fillon de 2005, le socle de 2006 faisait la part belle à la notion de compétence. Empruntant au vocabulaire de la sphère socioprofessionnelle et mal définie , cette notion a généré des résistances. Les compétences ont pu apparaître comme se substituant aux contenus, faisant l'impasse sur les visées culturelles, assez vagues et difficiles à évaluer, cheval de Troie pour plier l'Ecole aux desiderata de l'économie. 
La coexistence d'un programme mal coordonné avec le socle accréditait l'idée d'un  renoncement aux ambitions démocratiques, d'un socle perçu comme horizon du minimum pour les perdants de l'égalité des chances : le programme pour les uns, destinés aux études supérieures ; le socle pour les autres, destinés à satisfaire aux critères d'employabilité, avec une qualification minimale les destinant à la précarité professionnelle. 
A cela s'ajoutait la pression évaluative, contribuant à recroqueviller les enseignements sur l'évaluable, que ce soit pour les disciplines (prévalence du français et des mathématiques) ou pour les contenus eux-mêmes, les compétences procédurales étant plus faciles à travailler, à exercer et à évaluer que les compétences « expertes » (la maîtrise du code et des techniques opératoires plutôt que la compréhension fine et le traitement de problèmes). 



Favoriser la coopération

Jacques Bernardin (GFEN)

La préconisation est désormais officielle de favoriser la coopération, après une période où l'on se référait plutôt, de façon récurrente, à l'individualisation. Citons quelques textes de référence :

- Article L 111 1 du Code de l'Education : « Outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission première à l'école de faire partager aux élèves les valeurs de la République. Le service public de l'éducation fait acquérir à tous les élèves le respect de l'égale dignité des êtres humains, de la liberté de conscience et de la laïcité. Par son organisation et ses méthodes, comme par la formation des maîtres qui y enseignent, il favorise la coopération entre les élèves. ». 

- Le socle commun de juin 2014 donne une place centrale à  la formation de la personne et du citoyen, domaine 3 où « l'esprit de coopération est encouragé », y compris dans les apprentissages. Dans le domaine 2, consacré aux méthodes et outils pour apprendre, on souhaite « favoriser l'implication dans le travail commun, la recherche, la coopération ». 

Après l'ode à l'individualisation, pourquoi coopérer à l'école ? 

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